[Brèves] Dernières nouvelles (novembre 2014)

Après un mois de septembre très chargé, marqué notamment par la soutenance de mon mémoire et quelques jours de vacances, je vais enfin recommencer à alimenter ce carnet de recherche. 
 

Mise en ligne du mémoire

 
J’ai soutenu mon mémoire le 22 septembre dans la grande salle de l’Ecole des Chartes devant Elisabeth Parinet (présidente du jury), Jean-Baptiste Camps et Emmanuel Château. Mon travail a reçu la note de 17,25/20. En attendant la mise en ligne sur la future bibliothèque numérique de l’Ecole des Chartes, je publierai prochainement sur ce carnet une version numérique corrigée.
La grande salle de l'Ecole des Chartes juste après ma soutenance

La grande salle de l’Ecole des Chartes juste après ma soutenance

Je profite de cette brève pour remercier toutes les personnes qui m’ont accompagnée et soutenue dans cette aventure, notamment ceux qui ont bien voulu se prêter au jeu de la relecture d’un mémoire en cours de rédaction sur l’interface CommentPress : Emmannuel Château, Mathieu Saby, Mosieur J, Karl, Jean-Michel Girardot, Jean-Luc Cougy, Anne-Cécile Schreiner et Anaïs Raynaud.
Les exemplaires de mon mémoire le jour du rendu

Les exemplaires de mon mémoire le jour du rendu

Compte-rendu des séminaires / colloques / journées d’étude

Depuis la fin du mois de septembre, j’ai assisté à différents colloques et journées d’études, parmi lesquels :
  • le ThatCamp de Lyon (14-17 octobre, programme  )
  • le colloque « Les nouvelles technologies appliquées au patrimoine : perspective et enjeux » qui s’est déroulé au Musée du Quai Branly les 6 et 7 novembre (programme)
  • le séminaire professionnel « Un avenir pour vos œuvres numériques » qui s’est tenu au Cube (Issy les Moulineaux) le 12 novembre (programme )
  • la journée d’étude « Outils, méthodes, corpus : la modélisation des données en SHS » qui aura lieu le 17 novembre à l’INHA (programme)
Séminaire professionnel "quel avenir pour vos œuvres numériques ?" au Cube le 12 novembre

Séminaire professionnel « quel avenir pour vos œuvres numériques ? » au Cube le 12 novembre

Comme je l’ai fait lors de la préconférence de l’IFLA « Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique : nouveaux formats, nouveaux acteurs, nouvelles solutions » en août dernier, je publierai ici un résumé de mes notes.
Ce sera peut-être l’occasion de reprendre mes notes des conférences auxquelles j’ai assisté tout au long de cette année en parallèle des cours de l’École des Chartes.

Enseignement

 
Pour cette année scolaire 2014/2015, j’aurai la chance de faire mes premières armes dans l’enseignement à l’École du Louvre et à l’Université Paris VIII. Je suis en effet chargée d’animer les TP d’histoire de l’estampe en premier cycle de l’École du Louvre. J’interviendrai dans le master MEEF arts plastiques à Paris VIII en tant que conférencière sur l’histoire de l’estampe, qui fait partie cette année du programme des écrits du CAPES.
Première rentrée à l'Ecole du Louvre comme non-étudiante !

Première rentrée à l’Ecole du Louvre comme non-étudiante !

Parallèlement, j’anime plusieurs ateliers sur les outils numériques appliqués à la recherche à l’École du Louvre (présentation de Zotero, Hypotheses, Open Edition, bases de données…).

Recherche d’emploi

 
Toutes ces occupations ne m’empêche pas de mener une mission essentielle pour mon avenir, celle de décrocher mon premier emploi non étudiant.
Je cherche activement une mission dans l’un des domaines suivants :
  • la numérisation et la valorisation du patrimoine (musée, bibliothèque, archive)
  • l’accompagnement numérique de la recherche en SHS (ingénieur d’étude)
Il va sans dire que je possède dans ces deux domaines une expérience significative comme en témoigne mon CV nouvellement mis à jour !

Annotator – un outil d’annotation

Annotator est l’un des outils d’annotation que j’ai étudié dans le cadre de mon mémoire de fin d’études. Il s’agit d’une librairie JavaScript open source et extensible, qui peut être implémentée tel quel sur un site web ou servir au développement d’un environnement de travail. Le développement d’Annotator est soutenu par l’Open Knowledge Foundation et est utilisé dans de nombreux projets.

Annotator-logo

Fonctionnalités

Annotator est un outil d’annotation open source. Il s’agit d’une librairie JavaScript extensible grâce à des plug-ins et implémentable sur tout type de site web. Annotator permet de produire des annotations libres sur des ressources textuelles. Les annotations peuvent être taguées à l’aide d’étiquettes (folksonomie) et motivée par un typage conforme aux pré-spécifications de l’Open annotation Community group (via le plug-in « motivation »). Le plug-in « permission » permet de gérer les droits d’édition et d’affichage des annotations (affichage privé ou public, droit de lecture, modification ou suppression). Le plug-in « Annotorious », développé par l’Institut autrichien de la technologie étend les fonctionnalités à l’annotation d’images et de fragments d’images.

Test d'Annotator

Test d’Annotator

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Digital Mellini : expérimenter un « Scholars’ Workspace »

Le projet « Digital Mellini » vise à produire une édition numérique critique de l’inventaire de la collection romaine des Mellini, dont la forme atypique rend l’identification des œuvres décrites difficile. Pour ce faire, le Getty Research Institut, qui porte conjointement le projet avec l’Université de Malaga a développé une plateforme de travail collaborative destinée aux chercheurs. Au-delà de la publication de l’inventaire de Mellini, il s’agit d’explorer de nouvelles méthodes et outils de travail pour l’édition critique en histoire de l’art.  

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L’atypique inventaire de la collection Mellini (1681)

À l’époque moderne, toutes les grandes familles romaines se devaient de posséder une collection réputée d’œuvres d’art, symbole de leur richesse, de leur prestige et de leur raffinement. Ces collections privées sont aujourd’hui relativement bien connues des historiens de l’art à travers les traces qu’elles ont laissées : descriptions de voyageurs ou d’amateurs, reproductions gravées ou dessinées, archives diverses parmi lesquels des inventaires.

Ces inventaires sont des documents particulièrement précieux pour les chercheurs: ils permettent de suivre l’évolution d’une collection à travers les siècles, mais aussi d’attribuer, d’identifier et d’authentifier des œuvres. Ils forment par ailleurs une source de choix pour écrire l’histoire du goût et des dispositifs de présentation.

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IFLA 2014 : Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique (5)

L’Institut National d’Histoire de l’Art, à Paris, accueille du 12 au 14 août l’une des nombreuses conférences satellites du 80e congrès mondial des bibliothèques et de l’information de l’IFLA (Lyon, 16-22 août 2014). « Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique : nouveaux formats, nouveaux acteurs, nouvelles solutions » est le thème retenu. 

Synthèse de mes notes pour la cinquième session de conférences, dont vous pouvez retrouver le programme ici. En fonction de la mise en ligne des PowerPoint, je complèterai ou corrigerai ces notes.

Session 5 – Mettre en boîte le numérique ? Collecter et conserver la création artistique

La dernière session de la préconférence était animée par Anna Svenbro, du service du Livre et de la Lecture au Ministère de la Culture et de la Communication. Autour de la table, étaient présents Clément Oury et Françoise Jacquet, pour parler du dépôt légal du Web à la BnF ; Claire Leroux, directrice du laboratoire ARNUM pour évoquer la préservation de l’art numérique ; Stephen J. Bury et Walter Schlect (Frick Art Reference Library & Pratt Institute Library) pour présenter le plan d’archivage du web du New york Art Resources Consortium

Le dépôt légal du Web à la BnF

Internet produit son propre patrimoine, qu’il est important de conserver avant qu’il ne disparaisse. Les menaces qui pèsent sur les contenus du web sont nombreuses : disparition du support physique, obsolescence matérielle et logicielle. Les rapports aux contenus ont évolué : ainsi, un livre matériel ne peut être lu simultanément que par un seul lecteur, mais si ce livre matériel disparaît, il en existe des centaines voire des milliers d’autres exemplaires. En revanche, une ressource numérique peut être consultée simultanément par un nombre infini de lecteurs, mais si le point d’accès (URL ou contenu du serveur) disparaît, la ressource n’est plus accessible, voire définitivement disparue.

Ainsi, Clément Oury a cité le cas du site web de l’Élysée, refondu de fond en comble à chaque élection. Il semble qu’aux dernières élections, les nouveaux occupants du palais aient supprimé des serveurs tous les contenus de leurs prédécesseurs, sans même les archiver sur les serveurs ! C’est notamment pour pallier à ce genre de manquement que le dépôt légal du web agit.

L'interface des archives de l'internet français, consultable depuis les postes de la BnF

L’interface des archives de l’internet français, consultable depuis les postes de la BnF

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IFLA 2014 : Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique (4)

L’Institut National d’Histoire de l’Art, à Paris, accueille du 12 au 14 août l’une des nombreuses conférences satellites du 80e congrès mondial des bibliothèques et de l’information de l’IFLA (Lyon, 16-22 août 2014). « Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique : nouveaux formats, nouveaux acteurs, nouvelles solutions » est le thème retenu.

Synthèse de mes notes pour la quatrième session de conférences, dont vous pouvez retrouver le programme ici. En fonction de la mise en ligne des PowerPoint, je complèterai ou corrigerai ces notes. Attention : j’ai publié le compte rendu de la session 4 avant celui de la session 3, ce dernier ne saurait tarder à venir… 

Session 4 – L’exploration de plateformes numériques pour une édition d’art innovante

Le modérateur de la quatrième session était Jan Simane, directeur de la bibliothèque de l’Institut d’histoire de l’art de Florence. Il nous a rappelé que si, avec le numérique, le rôle des éditeurs change, les habitudes des usagers aussi. Il est impératif que les bibliothèques d’art s’y adaptent. Les rencontres comme celles-ci sont donc essentielles, afin que les responsables des bibliothèques sachent ce qui se passe à l’extérieur (c.-à-d. chez les éditeurs) et soient ainsi armés pour relever les défis du numérique.

Vincent Piccolo, éditeur, est intervenu pour présenter Art book Magazine puis Carina Evangelista, également éditrice, nous a entretenus des avantages des catalogues raisonnés numériques à travers l’exemple d’Artifex Press.

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IFLA 2014 : Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique (2)

L’Institut National d’Histoire de l’Art, à Paris, accueille du 12 au 14 août l’une des nombreuses conférences satellites du 80e congrès mondial des bibliothèques et de l’information de l’IFLA (Lyon, 16-22 août 2014). « Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique : nouveaux formats, nouveaux acteurs, nouvelles solutions » est le thème retenu.

Synthèse de mes notes pour la seconde session, dont vous pouvez retrouver le programme ici. En fonction de la mise en ligne des PowerPoint, je compléterai ou corrigerai ces notes.

Session 2 – Les publications numériques d’art en open access

Martin Flynn, directeur honoraire des services d’Informations au Victoria and Albert Museum était le modérateur de cette seconde session consacrée aux publications numériques d’art en open access. La première intervenante, Alexandra Büttner, historienne de l’art, a présenté le programme open access de la bibliothèque universitaire de Heidelberg. Puis Sylvain Machefert, bénévole à la fondation Wikimédia France et par ailleurs bibliothécaire, est venu présenter un partenariat entre Wikimédia et le Centre Pompidou.

Un modèle pour l’avenir de l’édition d’art : l’open access à la Bibliothèque universitaire de Heidelberg

Note personnelle : La bibliothèque universitaire de Heidelberg est un lieu innovant, dont les services ont été loués par tous les étudiants que je connais. Son offre numérique et ses horaires d’ouvertures sont particulièrement appréciés.

Depuis 2006, la bibliothèque universitaire de Heidelberg est engagée dans la promotion de l’Open Access numérique, notamment à travers sa plateforme « Art-Dok », spécialisée dans l’histoire de l’art, où les chercheurs du monde entier peuvent déposer leurs travaux (monographies, thèses, articles, conférences, littérature grise) sans frais. Il s’agit d’un espace d’auto-archivage de pré- et post-publication avec évaluation par les pairs. La plateforme abrite actuellement plus de 2600 textes et s’inscrit dans le réseau plus vaste des bibliothèques virtuelles d’art allemandes, appelé arthistoricum.net.

Plateforme "Art-Dok" à la bibliothèque universitaire de Heidelberg

Plateforme « Art-Dok » à la bibliothèque universitaire de Heidelberg

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IFLA 2014 : Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique (1)

L’Institut National d’Histoire de l’Art, à Paris, accueille du 12 au 14 août l’une des nombreuses conférences satellites du 80e congrès mondial des bibliothèques et de l’information de l’IFLA (Lyon, 16-22 août 2014). « Les bibliothèques d’art face au défi de l’édition électronique : nouveaux formats, nouveaux acteurs, nouvelles solutions » est le thème retenu.

Synthèse de mes notes pour la première demi-journée de conférence, dont vous pouvez retrouver le programme ici. En fonction de la mise en ligne des PowerPoint, je complèterai ou corrigerai ces notes.

Ouverture de la pré-conférence

Je n’ai pas pu assister à la présentation de la pré-conférence par Véronique Thomé et Sandra Brooke ni à la première intervention, puisque je m’occupais de l’accueil des participants. Le résumé de la présentation de Milan Doueihi (philosophe et historien des religions, Université de Laval), consacré aux Mutations du document à l’ère numérique est disponible ici.

Présentation du paysage numérique français

Pour une mise en contexte, Anne-Elisabeth Buxtorf, directrice de la bibliothèque de l’INHA a brossé, en trente minutes, un rapide panorama de l’édition numérique française. Son exposé était construit autour de trois axes : enjeux économiques, l’édition universitaire et la place des musées.

Le marché du livre numérique

Le livre numérique est devenu l’un des marronniers de la presse généraliste française qui s’interroge régulièrement sur la fin (supposée prochaine) du livre papier ou des bibliothèques. Pourtant, le marché français ne semble pas avoir définitivement viré en faveur du numérique. En effet, si 49 % de la population française achètent des contenus numériques, le livre numérique (e-book) ne représente que 16% de ces contenus.

Le monde de l’édition est en pleine effervescence. En 2013, une loi sur les contrats d’édition est venue encadrer l’édition numérique française, fixant les termes des nouveaux liens entre les auteurs et les éditeurs. Comme le livre papier, la TVA du livre numérique est fixée à 5,5%. L’offre numérique se diversifie et les contenus disponibles sont de plus en plus nombreux. À la BnF, le projet ReLire entend recommercialiser sous forme numérique des livres épuisés encore sous droit d’auteur. Les librairies ont fait un effort important pour offrir des plateformes de vente tandis que les bibliothèques commencent à constituer des collections numériques et à prêter des liseuses à leurs usagers. Continue reading

édition électronique de la correspondance d’Eugène Delacroix

Analyse de l’édition électronique de la correspondance d’Eugène Delacroix réalisée dans le cadre de l’évaluation du séminaire « Panorama des ressources électroniques » (M2 Technologies numériques appliquées à l’Histoire, Ecole des chartes), en février 2014. Le devoir consistait à produire une analyse critique d’une édition numérique de sources textuelles en SHS, en portant une attention particulière aux partis pris techniques. Les critères d’évaluation sont élaborés sur les bonnes pratiques actuelles de l’édition numérique scientifique. Il ne faut donc pas perdre de vue qu’une partie de ces « bonnes pratiques » n’étaient pas encore largement connues et diffusées à l’époque où le projet Delacroix fut monté. 

Lancé en 2010, le site « correspondance d’Eugène Delacroix » propose une édition numérique d’une partie des lettres rédigées par le peintre. Porté par le Centre André Chastel et le musée Delacroix, il s’agit de l’un des premiers projets d’édition numérique des sources de l’histoire de l’art en France. 

Delacroix, lettre à Louis Guillemardet, du 11 octobre 1862, conservée à l'INHA

Delacroix, lettre à Louis Guillemardet, du 11 octobre 1862, conservée à l’INHA

Enjeux et contexte du projet : éditer la correspondance d’Eugène Delacroix

Durant toute sa vie, Eugène Delacroix (1798-1863) a écrit : outre la rédaction de son Journal, il a entretenu une abondante correspondance. Ces deux corpus forment une source précieuse pour la compréhension tant de son œuvre que du monde de l’art de son époque. Publiés par fragments dès la fin du XIXe siècle1, le Journal et la Correspondance ont fait l’objet au début des années 1930 d’une ambitieuse entreprise d’édition par André Joubin2. Outils de référence mais lacunaires et parsemés d’erreurs de transcription, ces ouvrages ne satisfaisaient plus aux exigences des chercheurs. Le Journal a donc été réédité en version papier en 2007 par Michèle Hannoosh3. En 2006, le Centre André Chastel a obtenu un financement de l’Agence nationale pour la Recherche afin d’établir une édition électronique de la correspondance. Entreprise collective et pluridisciplinaire, le projet a rassemblé de nombreuses institutions et chercheurs d’horizon divers. Leur objectif était triple : proposer de nouvelles transcriptions répondant aux critères scientifiques actuels, actualiser les annotations au regard des avancées de la recherche et enfin intégrer les très nombreuses lettres réapparues au cours des dernières décennies. Continue reading

  1.  BURTY, Philippe (ed), Lettres de Eugène Delacroix, Paris, A. Quantin, 1878 [version numérisée sur Gallica <http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205063z/f4.image>, consulté le 02/02/2014] ;  Journal de Eugène Delacroix, notes et éclaircissements par MM. Paul Flat et René Piot, Paris, Plon, 1893-1895[version numérisée sur Gallica <http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k480222s/f6.image>, consulté le 02/02/2014] []
  2. JOUBIN, André (ed), Correspondance générale de Eugène Delacroix, Paris, 5 volumes, 1938 ; JOUBIN, André (ed), Journal, 1822-1863, Paris, 3 volumes, 1931-1932 []
  3. HANNOSH, Michèle (ed),DELACROIX, Eugène, Journal, Paris, José Corti, 2009. HANNOOSH, Michèle, « Histoire d’une édition : le Journal de Delacroix, archéologie et reconstitution d’un document », Journal of the International Association of Research Institutes in the History of Art (RIHA Journal), 14 avril 2010, 0001, en ligne, http://www.riha-journal.org/articles/2010/hannoosh-histoire-d-une-edition/@@rihaview, consulté le 23/02/2014 []

Élaborer le plan du mémoire

L’élaboration du plan est la première étape dans la conception du mémoire de stage : un moment crucial car, sans plan solide, la suite des opérations pourrait s’avérer très problématique. Au moment où j’élabore le plan, le stage touche à sa fin et j’ai fini de rassembler toute la documentation nécessaire à l’exercice de rédaction.

Faire le point : bilan du stage et relecture des notes

Avant de commencer à réfléchir au mémoire, j’ai consacré quelques heures à relire mes notes, classer la documentation et rédiger un court bilan du stage. Deux objectifs derrière cet exercice : rafraîchir la mémoire (le mois d’avril est loin !) et vérifier que les attentes du stage ont été remplies. Ainsi, j’ai retrouvé mon état d’esprit alors que je découvrais les guides de Paris et les enjeux de l’annotation et pu mesurer le chemin parcouru depuis. Cela m’a aussi permis d’avoir une vision d’ensemble des problématiques et points à traiter dans le mémoire.

Trouver une problématique globale et une ébauche de plan

Lister les idées

La « remise en mémoire » effectuée, j’ai listé les idées qui me venaient, sans chercher à les organiser. Elles étaient très diverses : certaines se rapportaient au corpus des guides de Paris, d’autres à ma mission de stage, aux outils d’annotation, d’autres encore résultaient d’une réflexion sur les Digital Humanities. À ce stade, avec un matériau si hétéroclite et décousu, aucun plan cohérent ne me sautait aux yeux.

J’ai donc essayé de les regrouper par catégories au moyen de techniques telles que le mind-mapping. Le résultat (illustré ici par deux brouillons) étant relativement peu concluant, j’ai donc décidé d’attaquer le problème par l’autre bout.

Comprendre les enjeux du mémoire

 L’autre bout, c’est s’interroger sur la nature de l’exercice et les attentes de mon école et de la structure qui m’a accueillie en stage. Pour cela, j’ai relu la fiche d’offre de stage, les consignes de l’école, les notes de mes premiers rendez-vous avec mes tuteurs et quelques mémoires d’anciens élèves (que je remercie de m’avoir confié leur production !).

Quelques questions  :

  • De quoi dois-je parler dans le mémoire ? Qu’est-ce qui est attendu de moi ? 
  • Comment rendre compte de mon travail pendant ces quatre mois sans tomber dans le rapport de stage linéaire ? 
  • Comment articuler ma mission de stage avec une réflexion plus générale sur les Digital Humanities et l’histoire de l’art ?

Réorganiser les idées, tirer des fils et des dynamiques

En répondant à ces questions, mes idées se sont réorganisées d’elles-mêmes autour de grands pôles et lignes dynamiques. J’ai distingué deux niveaux de réflexion :

  • celui du stage : problématiques liées à l’édition des guides de Paris et à l’utilisation d’un outil d’annotation dans la chaîne de production
  • celui plus général des Digital Humanities : où en est l’histoire de l’art dans l’utilisation des outils numériques ? Qu’est-ce que l’édition numérique des sources peut apporter à la discipline ? Quels outils sont disponibles ?

J’en ai déduit un titre (provisoire) qui délimite les contours de mon sujet :

 Les enjeux des environnements de travail outillés pour la production et l’exploitation des corpus textuels en histoire de l’art : l’exemple des Guides de Paris, implémentation d’un outil d’annotation

Ce titre à rallonge n’est bien sûr pas destiné à être définitif, mais à ce stade du travail, il m’assure un cadre bien délimité.

elaboration_plan_memoire (4)

Premier plan (bancal) et problématique

J’ai ensuite bâti un premier plan, qui accordait à peu près toutes les grandes idées que j’avais listées.

1.Editer les guides de Paris, un projet du Labex les passés dans le présent     1.1. Présentation du corpus des Guides de Paris
    1.2. Une source et un objet historiques. Approche historiographique des guides
    1.3. Rééditer les guides de Paris, les enjeux du numérique
2.L'annotation, pierre d'angle des corpus outillés?
    2.1. Corpus textuels et DH : la place de l'annotation
    2.2. L'annotation et internet
    2.3. Outils d'annotation disponibles : état de l'art et benchmarking de 6 outils
3. Scénario d'usages : l'annotation pour redécouvrir les guides de Paris
    3.1. Méthodologie d'édition
    3.2. Fonctionnalités des outils d'annotation et leur usage dans le projet
    3.3. Prescriptions et perspectives d'évolution

Si la problématique générale me convenait (l’outil d’annotation peut-il être la pierre d’angle d’une édition électronique d’une source textuelle?), le plan ne me satisfaisait pas tout à fait : le déroulé me semblait illogique et les parties déséquilibrées. Ce qui m’a été confirmé par mon tuteur de stage : cette ébauche de plan ne laissait pas assez de place au travail effectué durant le stage.

Rééquilibrage du plan

Ensemble, nous avons repris mon brouillon de plan pour lui donner plus de consistance. Ça a été l’occasion de revoir les enjeux du stage et les attentes concernant le mémoire.

Différentes ébauches au brouillon

Différentes ébauches au brouillon

Seconde version du plan du mémoire

1.Editer les guides de Paris, un projet du Labex les présents dans le Passé
    1.1. Présentation du corpus des Guides de Paris
      1.1.1. Présentation du corpus
      1.1.2. Une source et un objet historiques. Approche historiographique.
    1.2. Rééditer les guides de Paris, les enjeux du numérique
      1.2.1. Rendre le corpus accessible / outiller le corpus
      1.2.2. Redécouvrir les guides de Paris
      1.2.3. Méthodologie de l'édition
    1.3. Les outils d'annotation et les DH
      (sous-parties à détailler: comment travaille-t-on collectivement sur un texte...)
2. Les outils d'annotation
    2.1. Les outils d'annotation et le web
     2.1.1. Historique / Recherche
     2.1.2. Une grande diversité d'outil
     2.1.3. Standards et interopérabilité
   2.2. Comparatif de 6 outils d'annotation
     2.2.1. Critères de choix
     2.2.2. Critères d'évaluation
     2.2.3. Comparatif des outils : synthèse
   2.3. Pundit et Annotator, test de deux outils d'annotation
     sous-parties à détailler : spécificités des outils, installation...
3. Scénario d'usages : l'annotation pierre d'angle d'une édition électronique
   Sous-parties à détailler : approche par scénario ou par fonctionnalités ? 

Ainsi formulé, le plan tient mieux la route. Certaines parties, notamment la troisième, nécessitent d’être plus fouillées : les idées sont là, nombreuses, mais je ne les ai pas encore structurées.

Entre rapport de stage et mémoire de recherche appliquée

Toute la difficulté du plan consiste à équilibrer la réponse aux attentes : le mémoire ne doit être ni un rapport de stage ni un mémoire de recherche. Il doit rendre compte de la mission effectuée durant le stage tout en apportant une réflexion plus large sur les Digital Humanities. Il témoigne de la capacité de l’étudiant à comprendre les enjeux scientifiques du projet dans lequel il était impliqué et à fournir une réponse technique et informatique adaptée.

Dans mon cas, la première partie (éditer les guides de Paris) est une synthèse des enjeux du projet porté par le laboratoire. Je devrai montrer que je les ai bien compris et que je suis en mesure de les exprimer de façon limpide et concise. La deuxième partie consacrée aux outils d’annotation (et le 1.3.) restitue le travail que j’ai effectué durant le stage : je dois y présenter les outils d’annotation, les problématiques propres à l’annotation en ligne, puis expliquer ma démarche et mes critères de benchmarking. Cette partie se doit de témoigner de mes aptitudes techniques. La dernière partie (les cas d’usages) analyse l’apport que pourraient fournir les deux outils étudiés, Pundit et Annotator dans le cadre de l’édition des guides de Paris. Il s’agit de démontrer mes capacités en tant que chef de projet en Digital Humanities : suis-je capable d’envisager un usage scientifique pertinent des outils numériques que je propose de mettre en place ? Pour l’institution qui m’a accueillie en stage, c’est une partie capitale, puisque je dois formuler des recommandations qui orienteront les choix techniques à venir.

Contexte – résumé du déroulé du stage

Mon mémoire s’inscrivant dans le prolongement de mon stage de fin d’études, en voici un résumé dans les grandes lignes. 

[À lire, le billet précédent où il était question du choix du stage de fin d’études]

Mon stage s’est déroulé du 1er avril au 31 juillet. Pendant les trois premiers mois, je n’y consacrais que 3/4 de ma semaine, ayant par ailleurs un job étudiant à mi-temps à l’INHA.

Ma mission lors de ce stage

Dans le cadre du projet « Guides de Paris », je suis chargée de produire un état de l’art des outils d’annotation numérique, de faire un benchmarking des outils disponibles qui semblaient appropriés à notre projet puis d’en tester deux ou trois. 

Ces prototypes me permettront de formuler plusieurs scénarios possibles d’utilisation des outils d’annotation dans le cadre du projet des Guides de Paris.

 Contrairement aux autres étudiants du master, mon stage ne débouche pas sur la réalisation d’un « produit fini » (base de données, édition encodée en XML/TEI, inventaire en EAD, exposition virtuelle) : mon travail ressemble plus à une étude de faisabilité et le mémoire est un des livrables que je dois rendre au Labex. 

Déroulé du stage

Au début du stage, nous avions fixé un calendrier assez strict pour le déroulé du stage… sur lequel j’ai rapidement pris du retard (le cumul d’un job et d’un stage n’est pas très évident).

Début avril : découvrir les guides de Paris

Dans un premier temps, je me suis familiarisée avec ce qu’on appelle les « guides de Paris » par un rapide survol bibliographique et la lecture de quelques travaux récents (Gilles Chabaud, Laurent Turcot, Daniel Roche…). Cela m’a permis de comprendre les enjeux autour de l’exploitation par les chercheurs de ce corpus. Les guides sont une source précieuse pour l’histoire de l’espace urbain, de l’art, de la société, mais également un objet d’étude à part entière, notamment comme forme littéraire ou phénomène éditorial. Les chercheurs qui s’intéressent aux guides de Paris sont issus de disciplines très diverses et les appréhendent avec des méthodologies très différentes. Le projet d’édition étant rattaché au laboratoire d’Histoire de l’art, nous interrogeons principalement le corpus sous cet angle, mais il est nécessaire de connaître les méthodes propres aux autres disciplines : d’une part, elles peuvent enrichir nos propres pratiques, d’autre part, l’édition ne doit pas se fermer aux besoins d’autres disciplines.

Mi-avril, un atelier de travail est venu conclure ce premier contact avec l’objet de l’édition. Marianne Cojeannot-Leblanc et Emmanuel Château organisaient un séminaire pour présenter le projet des Guides de Paris à leurs collègues et élèves du laboratoire HAR (histoire de l’art et des représentations). Il s’agissait d’expliquer les objectifs et la mise en œuvre de l’édition numérique, les enjeux, d’exposer les conclusions d’une première préfiguration faite par deux stagiaires du labo et surtout de recueillir les besoins, conseils, remarques de ceux que nous espérons être les futurs utilisateurs et contributeurs à l’édition.

Avril – début mai : comprendre ce qu’est une annotation, et comment le numérique appréhende l’annotation

Parallèlement, j’ai beaucoup lu sur la notion d’annotation et son renouvellement à l’ère d’internet. Il s’agissait surtout de comprendre les enjeux de l’annotation dans l’espace numérique : j’ai ainsi découvert que de nombreux chercheurs travaillaient sur cette question, que ce soit pour étudier les mécanismes de la lecture, d’appropriation du savoir, d’exploitation et de partage de ce dernier, ou pour prospecter sur les usages futurs, notamment en développant de nouveaux outils. Pour cette étape, le travail de Marc Jahjah, doctorant en sciences humaines, culture numérique et études littéraires, m’a été très précieux. En effet, Marc Jahjah a abordé à de nombreuses reprises la question de l’annotation sur son blog Marginalia : pratiques d’écriture et livre numérique. Il m’a également donné accès à son abondante documentation, ce dont je lui suis très reconnaissante.

Je me suis également intéressée aux travaux sur l’annotation avant l’ère numérique et à la manière dont les historiens l’avaient étudiée. Bien qu’un peu éloigné du cœur de mon stage, la lecture des travaux d’Anthony Grafton et la découverte des projets Annotated Books Online et « The Archaeology of Reading in Early Modern Europe » ont été très enrichissants.

Ces lectures m’ont permis de rédiger, début mai, une courte fiche sur l’annotation.

Mai-juin : panorama des outils d’annotation, benchmarking

J’ai d’abord essayé de lister tous les outils numériques permettant de faire de l’annotation en ligne. Rapidement le constat suivant s’est imposé : il en existe des centaines, et parmi eux, nombreux sont les outils obsolètes ou très limités. Beaucoup se contentent de reproduire, de façon très pauvre, le principe du stabilo ou du post-it, sans prendre en compte les spécificités de l’espace numérique (ne serait-ce que l’interopérabilité et le partage social…).

Ce travail de recensement, outre me donner une image d’ensemble des outils d’annotation, m’a permis de préciser mes critères de sélection. J’ai abondamment lu sur l’évaluation des outils d’annotation (il existe quelques articles sur la question) et je me suis beaucoup intéressée aux problématiques de normes et de standards d’annotation, sur lesquelles plusieurs groupes internationaux travaillent actuellement.

J’ai progressivement éliminé la plupart des outils pour me concentrer sur 6 outils à même (à première vue) de répondre à nos besoins. Il s’agissait d’Annotator, Annotation Studio, Annotopia, Domeo, Pundit et Textus. Après benchmarking (dont voici une très brève synthèse), nous avons décidé de retenir Pundit et Annotator pour les tests approfondis. Il aurait été intéressant d’y ajouter Annotopia, mais ce dernier n’est pas encore disponible.

De cette longue phase de travail, je vais tirer plusieurs livrables : un panorama général des outils d’annotation, une réflexion sur les critères d’évaluation et une présentation détaillée des 6 outils benchmarkés.

Juin-première quinzaine de juillet : installation de Pundit et d’Annotator

Cette phase a assurément été la plus difficile du stage : il s’agissait d’implémenter sur un serveur local Annotator et Pundit. Le premier n’a pas posé trop de problèmes (client javascript, serveur de stockage en python nécessitant elasticsearch), le second nous a en revanche donné beaucoup de fil à retordre (serveur Tomcat + java). Sans l’aide fréquente et patiente d’un proche dont l’informatique est le métier, j’aurais assurément échoué, tant les réglages sont délicats et les bugs nombreux.

Fin juillet, dernière phase : scénario d’utilisation

Les installations terminées, la dernière phase consiste à imaginer des scénarios d’utilisation de l’annotation dans le projet de recherche. Le test de Pundit et d’Annotator, en cours, est effectué sur quelques courts extraits des guides de Paris. Ils déboucheront sur la formulation de recommandations.

Il est maintenant temps de rédiger le mémoire !